Projet de film: Que sommes-nous devenus ?

Ce projet du film s'inscrit dans des lieux d'histoire et d'action du Mouvement ATD Quart Monde. Nous avons filmé durant deux ans. Il en ressort l'importance du respect qui a régné dans la manière de garder l'authenticité du moment et ce qui s'y passe. La caméra, le micro ont été discrets en même temps que les personnes ont été conscientes d'être filmées : leur attitude, leur présence, leur parole en témoignent. Ces images ne vont servir que si nous prêtons attention à l'authenticité qu'elles donnent des rencontres filmées.

Un documentaire au-delà des frontières

Le film documentaire « Qui sommes-nous devenus ? » est en cours de réalisation. Il a pour objectif d’inviter le grand public à rencontrer des personnes de différents horizons, liées par la marche de 60 ans du Mouvement ATD Quart Monde.
Des « acteurs » et « actrices » de Suisse, de France, du Liban, de Centrafrique, de Haïti, de Taiwan, des Etats-Unis et du Pérou y participent . De rencontre en rencontre, dans une intimité croissante et forts des liens tissés, ils donnent une identité au Mouvement, comme l’exprime Jean-Marc Schafer, « acteur suisse » de ce film.

 « J’ai grand espoir que les participants à ce projet de film, en Suisse comme à Taiwan, fassent comprendre que le Mouvement, c’est une union. On n’est pas chacun oublié, seul à vivre l’exclusion. A ceux qui cherchent à comprendre, il faut bien leur dire que le Quart Monde, c’est un Mouvement d’espoir et d’union.

En réalisant ce film, une chose fondamentale que nous devons comprendre, c’est que le Mouvement bâtit son propre langage, qui n’est pas un langage de tous les jours et qu’on a appris depuis notre enfance. C’est un autre langage, un langage nouveau qui permet de trouver des mots justes, des images justes qui correspondent à la vie. J’ai appris à parler à travers mon expérience de pauvreté. Il faut rester honnête pour trouver le mot exact, ne pas tricher pour offrir à l’autre la possibilité de nous comprendre. La tolérance, c’est très important.

Donner à chacun les moyens de s’exprimer, lui donner la possibilité qu’on le comprenne, qu’on l’accepte tel qu’il est, sans porter de jugements. Avec le film qu’on réalise maintenant, on voit que les gens sont prêts à marcher avec ça et à rester debout.

J’ai 62 ans et c’est le dernier moment de partager mes connaissances, mon vécu, mes sentiments. Tout ce que j’espère c’est que je sois compris, mais je ne peux pas forcer l’autre à me comprendre. C’est difficile, on cherche les mots pour dire 62 ans d’expérience.
C’est une façon de laisser des traces et de faire en sorte que d’autres personnes se reconnaissent dans mon existence, que ces personnes découvrent qu’elles ne sont pas seules, abandonnées au bord de la route. Ce film peut devenir un compagnon.

Pour l’instant, je dis ce que je pense, je partage mes soucis, je parle de qui je suis, de comment j’ai bataillé avec ma conscience pour chercher à rester en paix avec moi-même ; si on veut partager, créer un langage, il ne faut pas avoir des sentiments de haine. Avec toutes les violences vécues, comment j’ai fait pour ne pas avoir la haine en moi ?  Je me suis toujours dit  « Jean-Marc, pour que tu souffres le moins possible dans ta vie, qu’est-ce que tu dois faire ?»

Dans chaque lieu, à chaque fois, j’ai dû réapprendre à aimer.

Et j’ai trouvé la combine :  c’est apprendre à aimer. Et ça je l’ai fait depuis mon enfance jusqu’à ma majorité, dans les différents lieux où j’ai été placé, seul, sans mes frères et soeurs que je n’ai retrouvés que plus tard; dans chaque lieu, à chaque fois, j’ai dû réapprendre à aimer. 
Qu’on puisse continuer à exister et qu’on ait un avenir, c’est cela que j’ai trouvé dans ce film, une direction qui ne dévie pas du chemin.» Jean-Marc Schafer

 

 

Des résistants face à l'oubli

A Créteil des anciens habitants de la cité des Sablières rassemblent leur histoire et veulent aussi réfléchir et s'engager dans la réalisation « d'un monument-symbole qui témoigne de la vie, des courages et luttes de nos parents“. Cela nous a poussés à vouloir faire se rencontrer ces acteurs d'histoire et ce lieu de mémoire et recherche où est déposée une partie de leur histoire.

Dans le groupe des anciens de la cité qui est venu au Centre International Joseph Wresinski, il y avait aussi Djamel avec un des albums dans lesquels il a, comme un résistant face à l'oubli, rassemblé des années durant tout ce qu'il pouvait pour que la cité ne soit pas oubliée.

A la photothèque la découverte de photos de leur époque a fait sortir d'eux comme

une mosaïque de bouts d'histoire agencés par leurs mémoires, leurs regards, leurs réflexions.

Fouzia : „Il y a notre histoire, la vôtre, notre histoire ensemble! Enfants on croyait que notre univers s'arrêtait au pied du mûr tout autour de la Cité avec une seule entrée. Avec des volontaires qui sont venus habiter avec nous, on a découvert qu'on existait et qu'on existait aussi de l'autre côté du mur.“

Bernard Lazaridès, qui aurait tant aimé être là ce jour-là mais travaillait : „On vous a bien testés aussi! J'ai toujours gardé en moi une question que je peux te poser maintenant Eugen: Pourquoi tu ne m'as pas tué?“

Au sous-sol, ils ont découvert des documents de Créteil, de Bangui et de Nouvelle-Orleans. Ils étaient très émus de trouver dans un numéro du Journal du Sappel une lettre écrite par des parents et jeunes suite à une bagarre avec la police dans la Cité, lettre adressée au Maire et au Préfet où en substance est dit: La presse parle de l'insécurité causée par les jeunes de nos quartiers. Sachez que la première insécurité vient de l'école qui ne sait ni accueillir ni respecter nos enfants....

Foudil: „Je me rappelle de ce Journal et de sa couleur verte comme si c'était hier. Je me rappelle aussi qu'un journaliste de Libération était venu nous voir et quand on lui a dit autre chose de ce qu'il voulait entendre, il nous a dit qu'on était manipulé par une bande de curés. Il manquait peu et je lui aurais cassé la gueule mais il a foutu le camp!

A l'Artothèque Rosario nous a fait découvrir une petite boîte avec des objets rassemblé suite au saccage du campement de la famille Führmann, boîte renfermant un bout de tente où on voit les coups de couteaux, une figurine de jeu d'échec noircie par un incendie, un peu de terre...

A la fin de la journée Thierry disait: „En venant ici je me suis dit qu'on allait se trouver à l’intérieur d'un bâtiment. A la cité on a grandi avec des mûrs et cela nous a empêchés de nous ouvrir. Mais ici c'est comme un espace ouvert, on peut respirer...réfléchir...respirer la paix.“

 

 

 

 

Pérou et Bolivie

Le Pérou et la Bolivie ont été notre dernière étape du tournage du film. Vladi Pino, volontaire péruvien, nous a guidés durant ces deux semaines de rencontres et tournages et il exprime.



Cuyo Grande

Dans la communauté paysanne de Cuyo Grande, près de Cusco, le film a suivi Edith Saire, volontaire, visitant et rassemblant peu à peu les enfants sur le chemin de la Bibliothèque aux champs. La préoccupation d'Edith, ce sont les enfants, leurs familles et non l'activité en soi. Elle est allée à la rencontre d'un enfant qui ne pouvait pas venir à cause du travail, elle a écrit son nom dans un cahier afin qu'il existe dans cette ambition de la Bibliothèque aux champs.

Ce chemin de réunir et s'unir à tous dans la communauté à partir des plus pauvres demande de la proximité et de vivre là comme le font Edith, Jonathan et leurs enfants.

Ce chemin nous pousse à comprendre la signification des Droits de l'homme pour ceux qui vivent la violence de l'extrême pauvreté. Comme cette maman qui se voit refuser l'accès à l'école pour ses enfants parce qu'ils ne sont pas inscrits au registre de l'Etat civil. Fièrement, au moment du tournage, elle montre les deux papiers de document national d'identité (DNI) qu'elle s'est efforcée de faire pour ses deux derniers, mais son regard s'assombrit quand elle dit ne pas comprendre pourquoi le Directeur continue de refuser ses enfants, demandant maintenant que le papa ait aussi son DNI.

 

 

 

 

 

 

 

 

La Paz

A La Paz, capitale du pays, des amis, alliés du Mouvement, étaient heureux de nous faire découvrir les changements, améliorations dans la ville dont ils sont fiers. Ainsi nous avons filmé depuis des télécabines qui surplombent la ville et permettent aujourd'hui de joindre différents quartiers et de relier La Paz à El Alto, ville qui s'est développée sur le plateau au-dessus, à 4'000 m d'altitude (La Paz étant à 3'600 m) et qui compte aujourd'hui presque autant d'habitants que la capitale.

Lourdes Martinez, enseignante retraitée, a montré durant un de ces voyages en télécabine les différents lieux où elle a enseigné et comment sa découverte de la vie, pensée du Père Joseph Wresinski a marqué ses choix dans sa manière de mettre l'enfant et sa famille au centre de l'éducation. Aussi elle constate qu'aujourd'hui on parle davantage dans la pays de la pauvreté et de la lutte contre la pauvreté, mais combien cela reste difficile de mobiliser des forces politiques, sociétales, dans la durée, aux côtés des plus pauvres.

 

 

Cusco

A Cusco, la famille Delgado nous a accueillis sur les pentes du cerro1 avec la connaissance de ceux qui souffrent de l'extrême pauvreté. Trois générations aujourd'hui et je découvre les enfants de ceux et celles que j'ai connus jeunes. Un enfant de 11 ans, comme Carlos, conscient de ce que coûte le travail dans la lutte quotidienne de sa maman pour vivre et qui aujourd'hui peut exprimer sa pensée et sa fierté.

Vladi est revenu au pays après plusieurs années d'engagement en France et aux USA. C'était aussi une de ses ambitions d'aller à la rencontre de ceux qu'ils avaient connus il y a vingt ans et qui l'avaient enraciné dans ce choix de rejoindre les plus pauvres dans son pays comme dans le monde. Ainsi nous avons été à la rencontre de Franklin qui enfant, à Cusco, au retour de son travail au cimetière comme porteur d'eau, avait accueilli et enraciné le mouvement Tapori dans son quartier. Aujourd'hui, à 30 ans, il a toute une réflexion sur la confiance qu'il a fallu construire pour bâtir son identité et partager son savoir, confiance qui respire encore en lui et inspire ce qu'il veut pour ses propres enfants et son nouveau quartier à Lima.

Dans tout ce qui s'est recueilli avec ce film au Pérou, il y a une profonde lutte pour vivre dignement, mais avec tant de solitude ! Charo Carrasco, coordinatrice du Mouvement dans le pays, continue : Comment porter tout cela en tant que Mouvement ? On a besoin de créer des alliances. Que des personnes, autres que les volontaires et les militants, portent ces efforts et les rendent crédibles et reconnus par l'ensemble de la société.

C'est pourquoi il a été aussi important de filmer des alliés en marche avec le Mouvement comme Silvio Campana, ancien Défenseur du Peuple au Pérou. Il y exprime comment les plus pauvres ont donné une nouvelle profondeur et perspective à son engagement pour faire de l'ensemble des Droits fondamentaux une réalité pour tous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bolivie

En Bolivie, nombreuses rencontres et tournages ont été réalisés ; nous en retraçons personnellement certains.

Alto

A El Alto, Emma Poma, militante faisant partie de l'équipe d'animation du Mouvement dans le pays, a été le fil rouge pour aller à la rencontre de jeunes, de mères, de pères connaissant l'extrême pauvreté et participant à la marche du Mouvement dans leur quartier et ville.

Ainsi la rencontre avec Dona Luisa, sur un banc devant l'école de ses enfants, qui exprime comment l'Université Populaire Quart Monde a été un lieu d'une grande importance pour elle. «  Aux Universités Populaires j'ai appris à parler, j'ai été écoutée et là j'ai appris à écouter les autres aussi. Cela m'a permis de sortir du silence, de parler sans peur. Je suis bien fière d'avoir participé, cela m'a fait aller de l'avant. Cela ne se voit pas économiquement. Avant je me sentais pauvre d'argent, mais j'ai pris conscience que ce n'est pas tant le côté économique qui te permet de sortir de l'enfermement. Cela m'a aidé dans ma propre famille, savoir dialoguer avec mes enfants, avec mon mari, prendre confiance pour défendre ses droits. »

Emma a exprimé aussi ce que permettent ces espaces créés par le Mouvement : « Ces espaces de formation et de construire des connaissances peuvent changer les choses. S'il n'y a pas d'espaces de réflexion et de reconnaître que tu as une connaissance et un savoir, il ne peut pas y avoir de changement. On a été traité avec tant de mépris que cela a généré en nous que c'était normal. Avec le Mouvement, on a pu voir que ce n'était pas normal, que nous pouvons continuer d'autre manière et de se reconnaître comme personne ayant des droits. »

Les familles de Bolivie nous ont interpellés comment ce film va faire ressortir le lien qui unit les gens dans le Mouvement, qui est de nature à « verse de igual a igual », se voir d'égal à égal, à hauteur des yeux comme nous l'ont dit d'autres.

 

 

 

 

 

 

Coroico

A Coroico, nous avons filmé là où le Mouvement, il y a vingt ans, a construit un lieu de rencontre autour de Lavanderias, lavoirs communautaires, et que la commune a repris en main il y a plusieurs années. La rencontre avec le gardien des Lavanderias exprime comment, vingt ans après, l'esprit du projet continue à être porté, comment lui-même travaille à ce que ce lieu reste beau et accessible à tous, en soignant les arbres et surtout en veillant que tout le monde puisse venir, même ceux qui ne peuvent payer la quota.

 

 

Tournage à New York

En mai 2017, durant deux semaines, l'équipe du film documentaire « Qui sommes-nous devenus » est partie à la rencontre des femmes et des hommes qui ont construit la route du Mouvement ATD Quart Monde à New York. Sinueuse, celle-ci va des quartiers les plus marqués par l'exclusion aux marches des Nations Unies. En effet, par la voix de ces familles, le Mouvement a gagné le statut consultatif I et par là même le droit de prendre part au défi mondial de « libérer le monde de la violence et de la misère ».

Dans un quartier de Manhattan où le Mouvement est né dans les années 60, un homme sur une mobylette s'arrête brusquement juste devant nous.  Il parle à la caméra :
- Qu'est-ce que vous faites ici ? (lire la suite de l'article)

- Je filme mon père qui me fait connaître ce quartier !
- Il ne sait rien de ce quartier !
Et se tournant vers Eugen : - T'as aucune idée de ce que les gens ont vraiment vécu ici!
- Je montre à mon épouse, mon fils et un ami où habitaient Fanchette et Vincent.
- Comment ça se fait que tu connais ces deux ?
- J'étais ici comme volontaire...il y a 40 ans ......
- Alors tu connais aussi Papo, Angel, Maria José, Alvinia et tous les autres?! Moi c'est Res.

Il tape sur l'épaule de Simeon qui est en train de filmer notre échange. Du coup l'objectif de la caméra se décentre, passe au-dessus des immeubles et fait un tour dans le ciel.
- J'ai des choses à raconter ..... la façon comment les familles ont été chassées de ce quartier, poussées vers Brooklyn, le Bronx, New Jersey ! Restent en moi une colère, une peine, une cicatrice à jamais !

A la 4ème rue, l'immeuble où se trouvait le lieu de rencontre et d'action du Mouvement n'existe plus. A sa place, un espace vide et c'est là que nous rencontrons Albert ; comme Res, il nous interpelle.
-Vous êtes du Mouvement Quart Monde ? J'ai grandi ici dans le quartier avec ma famille. A l'école on nous avait montré un film documentaire où on voyait des gens dans une grande pauvreté en Afrique vivre sous des tentes. Je suis rentré à la maison et dans ma tête d'enfant j'avais plein de questions. Je pensais aux jeunes qui étaient des amis de mes grand frères et qui habitaient dans l'immeuble à côté de nous. Eux vivaient aussi dans des tentes pour se protéger de la pluie, suite aux incendies des bâtiments provoqués à cette époque pour chasser les gens du centre ville !

Enfant, on sait reconnaître quand des adultes n'ont pas des arrières pensées, respectent le quartier, nos parents, nous comme enfants. Fanchette et Vincent étaient des personnes de cette sorte. Ils venaient visiter ma maman, j'ai participé aux Bibliothèques de Rue, à Tapori. Albert se tourne vers la caméra pour insister sur l'importance de communiquer cette histoire et que ce soient des jeunes qui le fassent.

Avec le Mouvement j'ai compris d’où je venais, que je n'avais pas à avoir honte. J'ai grandi dans tout cela, cela m'a marqué à vie. Comme on a cru en moi quand j'étais un enfant, un jeune avec pleins de questions et révoltes, aujourd'hui j'ai 43 ans et c'est à moi de passer aux jeunes ce que j'ai appris !

Albert nous fait visiter le jardin qu'il a aménagé avec les gens du quartier sur le lieu où il y avait « l'Université de rue »comme il l'appelle. Vous voyez, on a planté des arbres fruitiers, pour partager la récolte. On fait des soirées discussions autour de thèmes qui préoccupent les jeunes.

Vous voyez ces poutres ! Dans le bâtiment en face, la ville loge maintenant des personnes à la rue. C'est là que j'ai rencontré Louisa Smith ; c'est elle qui a sculpté les premières poutres dans notre jardin. Les enfants ont apporté des petites pierres qu'elle a insérées dans les visages sculptés. Son oeuvre n'est pas terminé, elle est décédée bien trop jeune.(...)
Regardez, j'ai mis aussi tous les drapeaux du monde. Avec Tapori j'ai appris que l'amitié peut faire abaisser les frontières !                           Eugen Brand

 

« Jamais je n'irais par moi même voir un film documentaire, mais là c'est fort, on y reste ! Et surtout, ces gens pourraient avoir la haine et non, ils te parlent de paix, ça ça me parle, ça me donne de l'espoir! »

( Nous avons présenté ce projet et certains montages lors d'une rencontre d'un groupe jeunes )

Sur la Route du Film

 EN 2017

L'équipe du film documentaire « Qui sommes-nous devenus ? » est allée deux semaines à New York rejoindre des femmes, des hommes, des jeunes qui ont construit la route du Mouvement dans cette ville, qui passe par des quartiers les plus marqués par l'exclusion et l'abandon

 

 

Mai New York

aux marches des Nations Unies. En effet, par la voix de ces familles, le Mouvement a gagné le statut consultatif I et par là même le droit de prendre part au défi mondial de « libérer le monde de la violence et de la misère ».

 

 

Dans un quartier de Manhattan - où le Mouvement est né dans les années 60 - un homme sur une mobylette freine brusquement devant nous. Il parle à la caméra :

 

- Qu'est-ce que vous faites ici ?

- Je filme mon père qui me fait connaître ce quartier !

- Il ne sait rien de ce quartier !

Et se tournant vers Eugen :

- T'as aucune idée de ce que les gens ont vraiment vécu ici!

- Je montre à mon épouse, mon fils et un ami où habitaient Fanchette et Vincent.

- Comment ça se fait que tu connais ces deux ?

- J'étais ici comme volontaire...il y a 40 ans ......

- Alors tu connais aussi Papo, Angel, Maria José, Alvinia et tous les autres?! Moi c'est Res.

Il tape sur l'épaule de Simeon qui est en train de filmer notre échange. Du coup l'objectif de la caméra se décentre, passe au dessus des immeubles et fait un tour dans le ciel.

- J'ai des choses à raconter ..... la façon comment les familles ont été chassées de ce quartier, poussées vers Brooklyn, le Bronx, New Jersey ! Restent en moi une colère, une peine, une cicatrice à jamais !

 

A la 4ème rue, l'immeuble où se trouvait le lieu de rencontre et d'action du Mouvement n'existe plus. A sa place, un espace vide et c'est là que nous rencontrons Albert ; comme Res, il nous interpelle.

-Vous êtes du Mouvement Quart Monde ?

J'ai grandi ici dans le quartier avec ma famille. A l'école on nous avait montré un film documentaire où on voyait des gens dans une grande pauvreté en Afrique vivre sous des tentes. Je suis rentré à la maison et dans ma tête d'enfant j'avais plein de questions. Je pensais aux jeunes qui étaient des amis de mes grand frères et qui habitaient dans l'immeuble à côté de nous. Eux vivaient aussi dans des tentes pour se protéger de la pluie, suite aux incendies des bâtiments provoqués à cette époque pour chasser les gens du centre ville !

Enfant, on sait reconnaître quand des adultes n'ont pas des arrières pensées, respectent le quartier, nos parents, nous comme enfants. Fanchette et Vincent étaient des personnes de cette sorte. Ils venaient visiter ma maman, j'ai participé aux Bibliothèques de Rue, à Tapori.

Albert se tourne vers la caméra pour insister sur l'importance de communiquer cette histoire et que ce soient des jeunes qui le fassent.

Avec le Mouvement j'ai compris d’où je venais, que je n'avais pas à avoir honte. J'ai grandi dans tout cela, cela m'a marqué à vie. Comme on a cru en moi quand j'étais un enfant, un jeune avec pleins de questions et révoltes, aujourd'hui j'ai 43 ans et c'est à moi de passer aux jeunes ce que j'ai appris !

Albert nous fait visiter le jardin qu'il a aménagé avec les gens du quartier sur le lieu où il y avait « l'Université de rue »comme il l'appelle.

Vous voyez, on a planté des arbres fruitiers, pour partager la récolte. On fait des soirées discussions autour de thèmes qui préoccupent les jeunes. Vous voyez ces poutres ! Dans le bâtiment en face, la ville loge maintenant des personnes à la rue. C'est là que j'ai rencontré Louisa Smith ; c'est elle qui a sculpté les premières poutres dans notre jardin. Les enfants ont apporté des petites pierres qu'elle a insérées dans les visages sculptés. Son oeuvre n'est pas terminé, elle est décédée bien trop jeune.(...)

Regardez, j'ai mis aussi tous les drapeaux du monde. Avec Tapori j'ai appris que l'amitié peut faire abaisser les frontières !

Eugen Brand

Février : Pour la seconde fois à Bangui en République Centrafricaine.

Découverte de combien les gens réinvestissent chaque millimètre, chaque recoin d'espace pour rendre la vie possible, pour exprimer leur soif de liberté et leur sens d’un vivre ensemble dans la dignité! Il y a un an on ne pouvait pas sortir dans la rue avec la caméra. Cette fois-ci les militants et amis étaient fiers de pouvoir nous accueillir chez eux dans leurs quartiers et villages.

Découverte de comment le Mouvement en Centrafrique a su tenir et réaliser des innovations durables au cœur de l'urgence quotidienne pour vivre qui prend tant d’énergie.

En permettant à des jeunes d'acquérir ensemble une formation de médiateurs sociaux culturels en lien avec des structures du pays dont l’Université de Bangui ou en engageant avec des parents et des enseignants une recherche action sur une éducation qui ouvre un avenir à tous les enfants.

Votre solidarité financière est importante,

nous avons les fonds pour le tournage qui finira en aout. Nous sommes à la recherche de fond pour l'étape de montage et de post-prod qui commencera début septembre. 

Vous désirez soutenir, vous pouvez contribuer sur le compte Postal CCP 17-546-2. Il y a aussi l'IBAN: CH64 0900 0000 1700 0546 2 ou le BIC: POFICHBEXXX.

Si vous désirez contribuer, n'oubliez pas de mettre l'indicatif "Film" ou "Documentaire", afin que nous savions quel projet vous désirez soutenir.

Janvier: Basse-Ville de Fribourg avec Nelly

 

Nelly Schenker nous amène dans le quartier de l'Auge en Basse-Ville à Fribourg où elle est née. Elle se rappelle: „On n'a été toléré que dans la cave. Ma mère et moi, on a partagé le même lit. Dans la pièce il y avait encore le lit d'un autre oncle. Lui aussi n'avait nulle part ailleurs une place pour dormir. Il y avait ses skis, sa mobylette ; pour nous il y avait une commode pour tous les habits et ainsi la pièce était rempli. Pour moi c'était comme un débarras, une voie ferrée avec au bout un dépôt ».

A travers la seule petite fenêtre grillagée de la cave où elle vivait avec sa maman, Nelly enfant ne voyait que les pieds des personnes qui passaient dans la rue. 

« Aujourd'hui encore et partout je vois la lumière qui cherche à exploser au milieu de l'obscurité, lumières aux couleurs si différentes ! Même qu'on m'a toute ma vie coupé le souffle en me serrant on ne peut plus fort, je continue d'autant plus « d'humer l'air libre». Et j'aimerais apporter ma lumière dans le monde. Au moins un rayon de lumière qui conduise vers plus de paix et de justice.

 

 

EN 2016

Décembre: Caen

 

Fin novembre et début décembre 2016, la route du film nous conduit à Caen.

Martine Le Corre est née ici dans un quartier pauvre de la ville. Comme jeune, sa rencontre avec le Père Joseph et les volontaires a été

déterminante: un combat contre la misère lui est proposé. Martine est devenue militante, a notamment été engagée dans l'équipe du Croisement des Savoirs et a participé à la recherche „La misère est violence – rompre le silence – chercher la paix“. Elle a animé ces dernières années l'Université populaire Quart Monde.

Au moment où nous retrouvons Martine, elle vit ses dernières semaines à Caen, avant de rejoindre début janvier 2017 le Centre international dans sa nouvelle responsabilité comme membre de la Délégation Générale. Nous filmons alors une période intense où familles, militants, alliés, professionnels engagés avec le Mouvement dans des actions de coformation réfléchissent à cette question qui est aussi celle du film: Qui sommes-nous devenus ? pour aller vers où ? chacun et ensemble?

Que ce soit dans des familles qui nous accueillent chez elles, ou lors de temps collectifs de rencontre et de travail, sans relâche Martine entraîne les uns et les autres dans ce questionnement : Comment cherchons-nous à être proches les uns des autres, à rejoindre de nouvelles familles, à nous soutenir dans nos différentes responsabilités, à rester un Mouvement d'ambitions capable de mettre fin aux violences et injustices de la misère? Et fort de tout cela, comment devons-nous continuer à bâtir une gouvernance „Têtes ensemble“?

 

 

Septembre: À Créteil en France dans la région parisienne, la cité des Petits Prés Sablières est en voie de démolition.

Une équipe de volontaires s'y était implantée dans les années 1970. Guendouz Bensidhoum y a grandi avec sa famille. Grâce à son engagement et celui d'autres jeunes, l'action du Mouvement s'est poursuivie au-delà de la présence de volontaires

dans la cité.

Djamel Seboui est un de ces jeunes. A travers toutes ces années, en constituant des albums, il a rassemblé des photos, des articles de journaux; il a écrit lui-même des petits textes témoignant de la souffrance et du courage des habitants de la cité face à des coups durs, faisant revivre des fêtes avec la joie unissant les enfants, les jeunes, les habitants du quartier.

Alors que les familles aujourd'hui sont obligées de partir, que derrière elles les portes et fenêtres se murent en attendant la démolition finale, Djamel, dans son souci que rien ne se perde, ne manque aucun moment pour transmettre aux jeunes générations l'histoire de ce lieu.

C'est par la lumière de sa peinture que Guendouz, lui, veut témoigner des jeunes avec lesquels il a grandi et que la violence de la pauvreté a déjà impitoyablement tués. Dans un monde où tant de personnes et lieux disparaissent sans lasser de trace, Djamel et Guendouz sont des résistants face à l'oubli, comme l'arbre qui est là et dont les racines dessinent les fondations de nos vies.

Une trace à dessiner pour l'avenir

 Au Centre International du Mouvement à Méry sur Oise, nous avons filmé la rencontre entre Nelly Schenker de Suisse et Jacques Petidor d'Haïti autour de leurs efforts d'écriture pour que cette soif de justice et de liberté s'inscrivent comme un bien commun dans la mémoire de l'humanité. - C'est pour l'avenir ce qu'on fait......(suite)

 C'est pour l'avenir ce qu'on fait ce qu'on écrit, ce que vous filmez, c'est pour les enfants, les jeunes et surtout pour ceux qui pourront y reconnaître leur vie, leur histoire et s'entendre dire : « Tu es un être humain sur cette terre ».

Toujours en France, nous avons été quelques jours à la Cité des Sablières à Créteil avec Djamel, Guendouz, Thierry, Jean-René, Eugen, tous habitants ou anciens habitants de cette cité qui est en voie de démolition. « Il faut que ce film parle de notre détermination à ce que notre vie ne tombe pas dans l'oubli, ne soit pas rasé, effacé ! » Ces paroles des habitants des Sablières ont motivé chaque personne à donner le meilleur pour ce film.

Eugen s'est rappelé : « Dans ce quartier dans la banlieue de Paris où il y a 44 ans j'ai commencé comme jeune volontaire. J'ai retrouvé des personnes que j'avais connues comme enfants et qui à l'époque m'ont questionné : Pourquoi viens-tu chez nous? Combien de temps vas-tu rester? Depuis, certains sont décédés trop jeunes, emportés par la violence, la drogue, la maladie. C'est grâce à ces enfants et leurs familles, avec lesquelles j'ai appris tant de choses qu'aucune école ne m'avait enseignées avant, qu'a grandi en moi la décision de continuer et de m'engager dans le Mouvement et le Volontariat. »

Des liens.

A chaque visite dans un pays nous avons amené et regardé des petits montages de moments filmés ailleurs. Ces petits « ateliers » ont croisé à chaque fois différents regards d'amis, de volontaires, de familles. En Suisse ....(suite)

En Suisse, on a regardé ensemble des extraits de films d'archives avec le Père Joseph et plus tard des moments filmés à Bangui, à Beyrouth, à Port au Prince.
A Bangui et à Port au Prince, nous avons regardé des moments filmés en Suisse.
A Beyrouth, nous avons regardé des moments filmés à Bangui et en Suisse.

Après avoir regardé à Beyrouth des extraits filmés de la marche de Parfait en Centrafrique, il y a eu un silence .... puis des premiers mots parfois mêlés de larmes « c'est l'histoire de ma mère, de mon père », des signes de fierté aussi de se reconnaître dans des vies, des histoires, dans l'histoire du Père Joseph.

A notre retour d'Haïti, nous avons montré lors d'un atelier en Suisse des extraits de ce que nous avions filmé ensemble à Port au Prince et les membres du Mouvement étaient émus et encouragés par le partage et le courage exprimés ! "Nous sommes une seule et grande famille à travers le monde!"

«Parentalité volée» à Taïwan comme en Suisse

La route du film « Qui sommes- nous devenus ? », continue. Au mois de juillet, l’équipe de tournage s’est rendue à Taipei pour suivre les pas d’une des premières volontaires qui a enraciné le Mouvement dans le monde chinois, Shuw Shiow Yang-Lamontagne. Ce séjour a commencé par un Séminaire dont le thème était «Le droit de vivre en famille face à la réalité des enfants placés de force».

 De Suisse, nos apports sont partis de deux vidéos réalisées avec des personnes ayant connu les placements extrafamiliaux forcés dans leur enfance. Ils y expriment le temps qu’il a fallu pour se faire entendre et comprendre et ne plus être considérés comme menteurs et coupables des violences vécues. «La plus belle victoire de ma vie, c’est que je suis arrivé à me faire écouter!»

Initiates file downloadArticle publié dans "Informations Quart Monde" de sept.2016 (PDF)

Yong-Xing mit ihrer Tochter einige Monate vor ihrem Tod

 

«La fin d’une vie
n’est pas la fin de son influence,
on doit ce Séminaire 
à la détermination de cette maman »

 

 

En Haïti...La pré-école

Qui parle aujourd'hui encore du tremblement de terre de 2010 en Haïti?

Qui sait ce que sont devenus les habitants de cette île?

Ce peuple de la liberté et la dignité, de l'espérance aussi,

qui n'a cessé à les conquérir au coeur d'exploitations, d'oppressions, de chaos,

d'infinies souffrances et violences ?

Après le tremblement de terre, les membres du Mouvement font l'expérience que le seul mur qui résiste au séisme est celui de l'exclusion.

Sur notre route du Film,

 

nous rencontrons une équipe de volontaires en marche avec les familles, des alliés, des enseignantes,

 

tous animés d'un courage plus fort que la fatigue et que le manque de moyens,

pour s'investir dans l'espoir des parents : „Ne pas laisser s'arrêter l'intelligence des enfants, première richesse de tout un pays“.

Des mamans et des papas accompagnant leurs enfants à la Pré-école „Graine d'espoir“ nous disent comment ici les enseignantes croient dans l'intelligence de leurs enfants et que le plus important aussi c'est qu'ils apprennent à se respecter entre eux et avec les adultes.

„Notre école est petite, mais ici, nos enfants apprennent ce dont notre pays tout entier a besoin pour que Haïti Chérie ait un avenir où l'intelligence de personne n'est laissé de côté.“

Quand la communauté internationale se donne comme objectif un développement durable qui ne laisse personne de côté, l'école „Graine d'espoir“ à Port au Prince est au rendez-vous de ce défi et source d'apprentissage pour les petits et comme pour les grands !

Jacques Petidor

« Je suis un rescapé de l'illettrisme » voilà ce qui m'a fort touché dans ce que Jacques Petidor, impliqué avec nous dans le film, nous a dit en Haïti. Dans son enfance, il a vécu domestique chez un particulier. Pendant cette période, un grave accident s'abat sur lui. Il tombe du sommet d'un grand arbre, certains de ses os se fracturent. Son employeur le trouve et le dépose sur un lit sans faire venir un médecin. Le corps de Jacques est resté ainsi profondément mutilé pour toute sa vie.

« Nul n'est illégal sur cette terre » nous dit le Père Joseph. Pourtant

un enfant a été abandonné à souffrir le martyr parce qu'aux yeux des autres il n'était qu'un objet bon à servir et qu'on jette quand on n'en a plus besoin. Malgré toute attente, Jacques a vécu, il a pu apprendre, il a pu devenir un acteur politique et social. Il est un rescapé de l'illettrisme, il est aussi un rescapé de l'ignorance. Il aurait pu s'éteindre dans cette chambre sans personne à ses côtés mais il a vécu. Combien sont morts dans l'ignorance ?



Nous avons été 10 jours au Liban en avril

Nous avons été 10 jours au Liban en avril Après la projection des vidéos de Nelly (Suisse), de Jean-Marc (Suisse), de Guendouz (France) ou de Parfait (Centrafrique), des paroles fortes sur leur histoire, le courage de leurs parents, leur détermination et leur souffrance, se sont dites et échangées, que ce soit de personnes d'Egypte, de Syrie, d'Irak, du Kurdistan, du Sri Lanka, du Soudan, du Madagascar, du Liban aussi bien entendu. Georges que nous avons longuement filmé faisait comprendre que c'était la première fois qu'il racontait à ses enfants, jeunes aujourd'hui, certains moments-clés de son enfance, de sa famille qui a dû faire face à la grande pauvreté dans son pays-même le Liban. (lire la suite)

Des moments fondateurs de choix de vie et d'engagement qui tiennent tête à toutes les critiques comme celle de son patron qui lui disait : «  Tu demandes une augmentation mais à quoi ça sert si c'est pour gaspiller cet argent avec les enfants des rues ? ». Paroles dites une nuit de tournage devant le super-marché où il est gardien et où jamais il ne mange sans partager aux enfants qui sont autour. « J'ai dû avoir une opération et tous les enfants sont venus à l'hôpital me trouver et m'apporter à manger ! Le personnel était plutôt inquiet de voir arriver ces enfants dans ma chambre ! » Georges a lui-même connu la rue enfant et aussi avec son premier enfant, « et c'est un enfant gitan qui a partagé une barre de chocolat avec mon enfant ! »

 

 

Sous le manguier à Bangui

Janvier 2016

Il est 8h du matin, le soleil chauffe le marché des «Combattants» que nous traversons et au bout duquel Guillaume attend. Il va nous emmener au pied du manguier où il veut être filmé avec Charles et Herbert. «C’était une piste qui nous menait sous ce manguier, on y venait depuis l’aéroport où les jeunes déchargeaient des bagages pour quelques sous. Vivre à la décharge derrière l’aéroport n’était pas facile, ils voulaient un lieu pour avoir la tête tranquille. Le feuillage de ce manguier a été la toiture de notre rencontre, la toiture du démarrage de notre marche avec le Mouvement à Bangui. Avec des pièces de récupération, on fabriquait des radios, on dessinait des schémas».

Depuis trente ans, Guillaume garde ces schémas chez lui ; aujourd’hui, il les a amenés et il les sort devant la caméra. (lire la suite)

Charles était l’un de ces jeunes : «C’est la rencontre qui nous a fait quitter la peur. Après on a construit une «cour aux cent métiers». Les gens des alentours pensaient que des enfants avaient trouvé du boulot, mais c’était autre chose : on bâtissait le lieu du Mouvement »..

Aujourd’hui Herbert est un jeune animateur dans sa communauté. À cause des conflits dans le pays, il a dû se déplacer avec sa famille sur le campement installé près de l’aéroport: «Sur ce site, j’avais la crainte, je ne pensais pas pouvoir faire cette activité du « savoir », mais en un clin d’oeil les enfants étaient là et ils disaient : Tonton, on peut le faire ! Avec les mamans, on a commencé à désherber et on a vu qu’on pouvait le faire et que ça cassait la peur, ça ne laissait pas s’abîmer notre intelligence. …. Si on est là c’est que les anciens ne nous ont pas laissés seuls ! Dès que j’ai une question, j’appelle Guillaume, à toute heure, parfois à une heure du matin, parce que sur le site, on ne dort pas. J’appelle pour lui demander des conseils ! ».

Qui sommes-nous devenus dans notre recherche de liberté, de justice et de paix ?

Les personnes qui ne se rencontrent jamais ont peur les unes des autres. Cela amène de la violence.  Notre projet veut permettre des rencontres directes entre des personnes, dépassant les frontières géographiques, sociales et culturelles.

Le film donnera place à des enfants et des jeunes, à leurs gestes, leurs dires, leurs visions animés
d’horizons aux racines profondes. Cela permettra des rencontres indirectes, de pays à pays, de quartiers à communautés dans différentes parties du monde et des incitations à réfléchir ensemble.Initiates file download (présentation du projet (PDF, 4 pages)



Les responsables du projet sont Anne-Claire et Eugen Brand. Eugen Brand était de 1999 à 2012 Délégué général du Mouvement International. Cette responsabilité l’a conduit dans 50 pays à tisser des liens privilégiés avec des personnes résistant à l’extrême pauvreté et des partenaires qui solidairement portent cet engagement au cœur des lieux où se prennent des décisions.

Initiates file download « Régulièrement on entend dire que le faussé entre les pauvres et les riches s'agrandit. Avec notre travail, nous ne voulons pas ajouter des nouveaux faits ou statistiques dans ce sens. Il ne s'agit pas non-plus d'un message moralisant. Nous voulons donner la parole à des personnes qui ont parcouru différents chemins de vie mais qui se sont mis ensemble pour bâtir un réseau de solidarité et d'engagement contre la grande pauvreté. Notre objectif est de sortir de l'ombre ces bâtisseurs de pont et ceci d'une manière décidée et souhaitée par les personnes concernées.

Nous pensons surtout aux jeunes qui se sentent souvent impuissants face aux événements dans le monde, et très souvent même inutiles. Nous voudrions leur montrer des sources où ils peuvent puiser du courage et de l’énergie pour chercher d'une manière créative des nouveaux chemins pour vivre ensemble »


Qui sommes-nous devenus

Le documentaire s'enracine dans plusieurs pays. Durant leur voyage, l'équipe a eu l'occasion de rencontrer plusieurs personnes qui vivent un engagement fort.

Qu'elle que soit leur quotidien et la situation économique, social ou politique de leur pays, ils s'engagent dans la durée. Comme le dit un militant « Ce film est là pour révéler le fil d'Ariane qui lie les hommes même quand ils n'en ont pas conscience ». Où que l'on soit dans le monde, nous sommes engagés ensemble dans ce long et difficile marathon pour en finir avec la misère.