Marly (Fribourg):

Après l’exposition « Couleurs dévoilées » à Bienne, la route de l’exposition s’arrêtera à Marly avec  « Tes couleurs, mes couleurs » puis poursuivra son voyage à travers le pays.

A chaque halte, elle s’enrichit de la présence d’artistes locaux.  Cette fois-ci, une centaine d’œuvres variées sont à découvrir sur un parcours original dans plus de trente lieux de proximité à Marly : des commerces, restaurants, etc. 
En partenariat avec l’animation socioculturelle de Marly, durant deux mois, des membres du Mouvement ATD Quart Monde et des artistes marlinois, d’origines très différentes, vous ouvrent  ainsi le monde de leur créativité. 
Vernissage le 5 octobre
à 19h  Carré Noir, route du Centre 
Finissage le 29 novembre à 19h  Le Centre (animation socioculturelle) , route des Ecoles 32

Bienne / Biel

A Emmen, de nouvelles portes ouvertes

 Le point de départ de l’exposition a été la rencontre avec Franz Gehrig, ancien enfant placé, qui peint beaucoup depuis 14 ans.  Déchirez le ciel gris, laissez passer les couleurs ! La lumière !

De nombreux anciens enfants placés peignent aujourd’hui dans notre pays et leur contribution artistique n’est que rarement vue. C’est la raison pour laquelle, à l’exposition d’Emmen, Franz Gehrig devait avoir une grande place. Nous avons construit un mur imposant recouvert de ses tableaux dans l’escalier de la maison paroissiale. Tel un mémorial. Heureusement, nous avons pu compter sur l’aide de personnes impliquées : une artiste de cirque sur l’échafaudage, Werner, un artisan expérimenté avec un œil vif et le sacristain Hubert Bühler.

Mais la salle était finalement trop petite pour accueillir les douze exposants ! (... lire la suite)

Nous avons donc cherché d’autres endroits comme des vitrines de magasins, de restaurants.... ceci jusqu’à Lucerne ! Une femme médecin a ouvert sa salle d’attente. Grâce à cet accueil, une de ses patientes, qui a la vie difficile, est venue à l’exposition et s’est fait de nouveaux amis. Celle qui a trouvé le plus grand nombre de lieux extérieurs pour exposer un tableau, c’est Nelly Schenker, dont l’expérience de vie est si proche de celle de Franz Gehrig. Beaucoup de gens entraient et sortaient de la maison paroissiale. Cela a donné lieu a de riches échanges.

Un dimanche, un homme, qui avait vécu la guerre, nous a touchés par sa vision très personnelle des tableaux. Jusqu’au tout dernier moment, lors du démontage, nous avons eu des interactions : une femme profondément attirée par une œuvre, nous a confié que son fils qui avait la vie difficile peignait également. Le jour du finissage, une dernière visite guidée de l’exposition a été suivie de la visite de l’ancien home d’enfants de Rathausen. Grâce à Priska Kunz, dont le partenaire a fait un travail de recherche important sur cette institution, nous avons pu être guidés avec compétence et sensibilité à travers l’histoire de ce foyer et sur le chemin des sculptures.

Nous avons également été transportés par les puissants chants gospel de Sylvia Jetzer. Un homme, fonctionnaire de l’administration fédérale à Berne, se trouvait également avec nous. Il avait des centaines de visages d’enfants placés en tête. Et une question : « Que pouvons-nous peut-être faire ensemble dans l’avenir? ». Jean-Robert Saffore a exposé pour la première fois ses pyrogravures de Poya et de Mandala. Et Katharina van Ravenszwaij, très proche d’un militant malheureusement décédé, a créé un « avion-bâteau des forêts » en sa mémoire avec des cartes d’images poétiques dansantes. Katharina nous a également ouvert la porte vers un autre artiste. C’est ainsi que la route de l’ exposition nous amènera à Bienne, où de nouveaux artistes, des personnes motivées, des rencontres étonnantes et des conversations enrichissantes nous attendent.
Noldi Christen

La 1ère exposition «ATD Quart Monde : un Mouvement riche de couleurs» a eu lieu à Saint-Maurice cet automne.

L’équipe de « La route de l’exposition» vous invite à poursuivre sa démarche de recherche d’oeuvres et de lieux où les faire vivre.

Les bons échos de l’exposition à Saint-Maurice nous donnent des ailes pour aller exposer partout dans le pays ! Là où des portes s’ouvrent grâce à votre appui.

Ainsi une prochaine exposition aura lieu à Emmen, suite à notre rencontre avec le Lucernois Franz Gehrig, en février et mars 2018 (au Foyer du Pfarreiheim, dates exactes sur notre site). Franz Gehrig a vécu l’histoire de « l’enfance volée » dans les institutions. Il peint depuis 10 ans et a déjà créé plus de 300 oeuvres (voir photo). La peinture l’aide à aller de l’avant et lui donne la force de vivre, nous confie-t-il. Nous avons pu découvrir l’ensemble de ses toiles dont certaines n’ont jamais été exposées. Ces tableaux doivent pouvoir être vus et ainsi interpeller la société.

C’est l’objectif de « la route de l’exposition ». Nous souhaitons ...,

en effet, aller à la rencontre de nouvelles personnes issues de la pauvreté et faire découvrir leurs créations qui sommeillent encore. Pour rendre ce projet possible, nous avons besoin de l’appui d’artistes reconnus et d’acteurs de la société. C’est grâce à eux, et à vous, que nous pourrons ouvrir des portes et organiser des expositions y incluant des œuvres dont certaines nous ont déjà été confiées.


Depuis le début de ce projet, les amis du Mouvement se sont mis en marche. C’est ainsi qu’à Bâle, en mai et juin prochain, une exposition va se tenir sur deux lieux simultanément (dans le quartier de Bruderholz et au centre régional ATD Quart Monde). Suivra également une exposition à Bienne (lieu et dates à définir). Nous vous tiendrons au courant, dans ce journal et sur notre site internet www.quart-monde.ch, des initiatives qui mûrissent. Rejoignez-nous !

Noldi Christen Pour l’équipe «La route de l’exposition»


De la Médiathèque Valais St-Maurice,  par Catherine Widmann Amoos

« Collaborer avec les institutions locales, nationales et internationales pour transformer les stratégies de lutte contre la pauvreté en politiques éclairées et cohérentes ». Tel est un des objectifs mentionnés sur le site d’ATD Quart Monde.
C’est à travers l’exposition : « ATD Quart Monde : un Mouvement riche de couleurs » que cet objectif fut atteint avec succès. Une excellente collaboration entre....

une institution culturelle du Valais et le Mouvement. Que de belles images, peintures, dessins ont illuminé les locaux de la Médiathèque Valais St-Maurice du 4 septembre au 27 octobre 2017.

Un magnifique vernissage et une soirée témoignage remplie d’émotion avec Madame Nelly Schenker. Le public a été conquis, de nombreuses personnes ont laissé leurs impressions positives dans le livre d’or.

Une classe de la HES-SO Valais / Haute Ecole en travail social de Sion et le Groupe «Femmes migrantes » de Sierre et Sion nous ont rendu visite. Toute l’équipe de la Médiathèque Valais St-Maurice tient à remercier chaleureusement nos amis d’ATD Quart Monde, pour leur gentillesse et leur engagement.

«La culture, c’est l’expression du vivant» Gaëtan Faucer, auteur Belgique

Musique et poésie - Editorial "Information Quart Monde" sept. 2017

Chère lectrice, cher lecteur,
Le 16 septembre, le spectacle musical « Couleurs cachées » a commencé sa tournée à Treyvaux. 17 représentations sont prévues dont la dernière le 11 novembre à Gland (VD).
Ne manquez pas ce spectacle et invitez-y aussi vos connaissances concernées ou non par la pauvreté. Que ce soit à Genève, Saint-Maurice, Porrentruy, Mendrisio ou en France voisine … Chaque représentation sera unique, enrichissante et belle !
La pièce est enracinée dans la réalité de vie des personnes en situation de pauvreté. Et cette réalité continue à être marquée par le manque, la peur, l’absence de liberté : « On est en train de nous étouffer ! » « Cela ne s’arrête jamais ! » « C’est comme une malédiction qui colle à notre peau ! »(continuer)

De telles affirmations, j’en ai encore entendu à plusieurs reprises ces dernières semaines et elles n’ont pas été dites à la légère. L’éradication de la misère (et de l’exclusion sociale) est un travail de longue haleine autant pour les personnes que l’ordre social actuel condamne à vivre dans la précarité que pour celles qui leur sont solidaires.

Dans ce contexte nous avons besoin de nous appuyer sur la conviction qu’ensemble nous pourrons briser la fatalité. C’est par la musique et la poésie que le spectacle répand cette espérance fondée sur des expériences vécues au cours de l’histoire de notre Mouvement.

Dès le début, l’art et la poésie ont joué un rôle important dans le Mouvement ATD Quart Monde. Pour son fondateur, Joseph Wresinski, vaincre la pauvreté et l’exclusion signifie de partager le meilleur de chacun de nous. Dans sa lettre du 8 février 1988, il confie à ses volontaires-permanents2. « Nous ne pouvons pas être simplement des gens qui apportons des idées et un langage, nous devons être des gens qui apportons la plénitude de l’homme, l’harmonie dans l’homme, donc des gens qui apportons l’art, la poésie. Nous ne pouvons pas être seulement que des gens de la technique, nous devons nous imprégner nous-mêmes de ce que les hommes ont de plus achevé d’expression musicale – il en est de même pour la peinture. … Et dans la mesure où nous avons une foi, il faut aussi que nous projetions les familles dans le monde de l’invisible, de l’infini, de façon à ce qu’elles soient elles- mêmes membres, et qu’elles se sentent membres, non pas simplement d’une communauté, d’un quartier, mais membres de l’univers et acteurs dans l’univers, acteurs de liberté. »

Aujourd’hui, avec nos partenaires professionnels qui ont permis la création de « Couleurs cachées », nous poursuivons ce chemin de libération de la misère. Venez vous en convaincre par vous-même.

Marie-Rose Blunschi Ackermann

Du 4 septembre au 27 octobre 2017 à Saint-Maurice (Valais)

EXPOSITION - Vernissage le 6 septembre
25 sept. - Lecture publique avec Nelly Schenker
14 oct. - théâtre musical

On était bien dans cette «Marmite»

 A Genève, de septembre 2016 à mai 2017, ATD Quart Monde a débuté une collaboration avec « La Marmite »* et Mathieu Menghini, historien et concepteur de ce projet d’action artistique, culturelle et citoyenne : une université populaire nomade de la culture. Un groupe de 15 personnes réunissant militants, volontaires-permanents et médiateurs a suivi ce parcours artistique avec, au programme, une pièce de théâtre, un film, une rencontre avec un universitaire et la visite d’un musée . Le fil rouge de ces différentes sorties a été « l’injustice ».

Laurence Pilet, participante, évoque ce parcours.
« J’ai entendu parler de ce projet lors d’une rencontre à ATD Quart Monde Genève. On nous a présenté Mathieu Menghini qui voulait faire quelque chose de culturel, un parcours artistique nomade. Nomade cela me parlait parce qu’à l’époque je vivais une vie de bohème. Artistique aussi. C’ était inconnu pour moi et cela me plaisait.

Sans cet élan de « La Marmite », je ne serai jamais allée voir une pièce de théâtre. Je ne sais pas pourquoi, je pense que le théâtre, dans ma tête, ce n’était pas pour moi. Les gens sont bien habillés, acheter un billet cela semble compliqué au départ, il y a le prix aussi, l’idée aussi que le théâtre convient à une certaine catégorie de gens. Avec les participants de « La Marmite », on est allés voir la pièce « La boucherie de Job » ( texte de Fausto Paravidino). J’ai été touchée par certaines choses, par la réalité de la vie humaine. Est-ce que suivre sa conscience, c’est-à-dire choisir le bien, c’est un luxe de personnes qui ont le ventre plein et un toit sur la tête ? A des moments de « La boucherie de Job », j’avais envie d’aller me cacher : je ne voulais pas regarder en face la réalité que la pièce montrait.

Cette expérience de «La Marmite» m’a donné envie récemment d’aller voir une pièce de théâtre, seule. Je ne l’avais jamais fait avant. Pourquoi pas, me suis-je dit ? J’y suis allée, j’ai remarqué que tout le monde se connaissait, et moi je ne connaissais personne. Mais je le referai.

Grâce à « La Marmite », je suis aussi allée voir un film en noir et blanc : « Le dernier des hommes ». Je n’y serais jamais allée sinon, voir un film en noir et blanc. J’ai fait l’effort de rester jusqu’au bout de la projection car on était en groupe. On était tous ensemble. Ce n’est pas la même chose, quand on est tout seul. Dans notre groupe, on a eu une belle qualité d’échange. On s’est tout de suite soudé avec les médiateurs et les nouveaux comme Ana. Je me suis sentie tout de suite libre de m’exprimer. Le fait d’être dans notre Maison (Maison Joseph Wresinski - ATD Quart Monde Genève) c’était important et de prendre les repas ensemble avant les sorties aussi. On a été un groupe soudé tout de suite.

Quand on a rencontré Maurizio Lazarato (sociologue et philosophe Italien), ce n’était pas évident de parler à un universitaire. On parle de choses importantes, pas de la pluie et du beau temps. Mais le fait qu’il soit venu chez nous, qu’il était notre invité, le fait aussi qu’on a fait un tour de table pour se présenter, a beaucoup aidé à cet échange.

A un moment de ce parcours artistique, je n’ai plus pu venir. J’avais des problèmes de santé. Mais quand j’ai pu revenir, je n’ai pas senti de critiques et du coup je suis allée jus-qu’au bout du parcours. Pour moi, «La Marmite» c’est une belle expérience. C’est faire les choses ensemble du début à la fin. C’est l’expérience d’aller au théâtre, au cinéma, et surtout d’échanger avec d’autres. C’est cela qui était important, davantage même que le thème abordé qui était l’injustice. On était bien dans cette « Marmite ! »
Propos recueillis par Cathy Low *http://lamarmite.org/

Je me souviens

Je me souviens que, allant à la Comédie de Genève, j’ai pris le tram et suis descendue un arrêt trop tôt.
Je me souviens que j’arrêtais les passants pour leur demander où étaient les statues. J’avais peur de me perdre et d’arriver en retard.
Je me souviens que je rentrais à pied à l’appartement d’Aurore, avec Marie-Thérèse (participantes de « La Marmite ») qui marchait vite et Aurore qui disait que ce serait bien de marcher « au petit pic».
Je me souviens de tous les légumes qu’on a coupés et des rires autour de la table de la cuisine.
Je me souviens du rire franc et communicatif de Marie-Thérèse et de son accueil toujours enthousiaste.
Je me souviens des fauteuils rouges de la Comédie de Genève et des sandwiches mangés à l’entracte.
Je me souviens de quand on m’a parlé pour la première fois de « La Marmite » et j’ai tout de suite voulu en être mais j’avais peur de ne pas y être autorisée parce que je ne suis pas Genevoise.

Laurence Pilet écrit lors d’un atelier d'écriture de « La Marmite »

Accueil Art et Culture ou la contagion de la créativité

Depuis plusieurs années différents membres du mouvement ATD Quart Monde se réunissent autour de la créativité, de l'accès à la culture et aux loisirs, et du partage des savoir-faire.

En pratiquant ensemble des ateliers créatifs, nous prenons le temps de comprendre, de découvrir et de s'apprendre mutuellement des choses. Les personnes, chacune dans son originalité et son histoire de vie, s'exercent ensemble dans différentes techniques et expressions (arts graphiques, peinture, chant ...) selon les propositions et les gouts des uns et des autres.

Chacun se découvre heureux de voir des belles choses, de travailler de ses mains, de s'exprimer ... Cette pratique d'atelier renforce le lien social, précieux pour chacun.

„ Je ne me croyais pas capable de réaliser cette peinture „    „ Ces ateliers m'ont aidé à reprendre l'espoir...“

En plus des journées créatives et des fêtes, nous allons dans différents lieux proposer des ateliers : devant une gare, dans un centre d'accueil de jour, au domicile d'une personne ... et dans d'autres lieux encore à venir, pour continuer à se partager les beautés de la vie.